Musée et numérique : le visiteur 2.0

Dans le cadre de la Social Media Week, il était intéressant d’assister au Petit Palais à la conférence « Musée et numérique : le visiteur 2.0 ».

En introduction, Catherine Guillou, Directrice de la politique des publics au Louvre, a rappelé qu’il y a une explosion du nombre de visiteurs de musées dans le monde, les musées devenant les « nouvelles églises ou lieux de socialisation« . 50% des visiteurs ont moins de 30 ans.

Les présentations respectives de chacun des intervenants ont donné un bon aperçu de ce qui est fait actuellement en matière de numérisation des musées.

Gonzague Gauthier, community manager du Centre Pompidou, a précisé que selon lui, il ne faut pas avoir une vision binaire. Le visiteur virtuel ne remplace pas le visiteur réel, les deux étant complémentaires. Il a également insisté sur la nécessité de ne pas cloisonner les différentes sources de revenus des musées mais de raisonner en modèle économique prenant en compte toute la chaîne de valeur intégrant le design, l’expérience visiteur, etc.

Il a présenté l’expérience numérique mise en place au Centre Pompidou pour la Nuit des musées 2011. Il s’agissait de « La bataille du Centre Pompidou », un jeu in situ dans le Centre Pompidou, inspiré des space invadors, où Twitter était utilisé comme une manette (#droite #gauche #tirer) pour dévoiler peu à peu une oeuvre artistique.

Omer Pesquer, Consultant Numérique Freelance, a évoqué notamment l’exemple d’une exposition au MOMA où chaque pièce de l’exposition avait un hashtag et où les live tweet étaient regroupés sur la plateforme Storify.

Réza Azard de l’agence Projectiles, a présenté le projet du MuCEM – Musée des Civilisations de l’Europe et de la  Méditerranée à Marseille. Selon lui, le musée 2.0 doit permettre d’introduire l’ubiquité, en permettant au visiteur d’être ici et ailleurs en même temps. Dans le cas du MuCEM, qui sera un musée entre terre et mer, chaque salle du musée est une « fenêtre sur le monde » et plus concrètement une caisse qui voyagera de port en port et reviendra remplie d’oeuvres et objets collectés dans les différents lieux et musées. Ainsi le contenu voyage dans le temps et l’espace et offre l’ubiquité au visiteur.

Sebastien Magro, blogueur et consultant indépendant, a présenté les différents dispositifs mis en place pour repenser le fameux livre d’or que l’on retrouve à l’issue d’une exposition, afin de le rendre plus interactif et de donner envie à des internautes d’aller voir l’exposition :

« Black list project » au Brooklyn Museum : enregistrement sur des ordinateurs des témoignages des visiteurs via des videos diffusées sur une chaine youtube dédiée à l’exposition. Quai Branly : bornes permettant d’enregistrer des commentaires sous différentes formes (écrit, vidéo, dessin). Exposition « Sunflower seeds » au Tate Modern : bornes avec possibilité de choisir différentes thématiques de l’exposition pour y laisser des messages. 23 000 commentaires ont été collectés en 8 mois, l’artiste a répondu à une sélection de questions par écrit ou en vidéo sur le site dédié.

Coline Aunis, community manager du Musée des Arts et Métiers, a présenté deux projets de « serious game ubiquitaire » sur mobile mis en place de 2008 à 2010 au sein du musée, et s’adressant plus spécifiquement à un public jeune. Le bilan de ces deux projets innovants est assez positif puisqu’ils ont permis de proposer une nouvelle approche du musée, plus active et plus personnelle (choix du parcours et adaptabilité au niveau de chacun des joueurs), une nouvelle relation visiteur/visiteur et une désacralisation de l’institution et de la collection (fort contenu technique). La prochaine étape est le projet européen ArtSense (Augmented RealiTy Supported adaptive and personalized Experience in a museum based oN processing real-time Sensor Events ) qui permettra grâce à la réalité augmentée d’adapter le contenu de l’exposition à l’intérêt du visiteur

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2 commentaires pour Musée et numérique : le visiteur 2.0

  1. Sébastien dit :

    Résumé fidèle de la conférence, j’ai l’impression d’y assister une seconde fois 🙂

    Juste une rectif : Catherine Guillou a cité 50% de visiteurs de moins de 30 ans pour le Louvre, pas 70%. L’info est vérifiable sur le rapport d’activité 2010.

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